Ligue des champions : à Lyon, on rêve de jeu plus que de profits

Loin du PSG en Ligue 1, critiqué par certains de ses supporteurs pour sa politique sportive, le club lyonnais accueille la Juventus Turin, mercredi, en huitième de finale aller de la C1.

Des supporteurs lyonnais au Parc des Princes, le 9 février.

L’Olympique lyonnais (OL) aime cultiver sa singularité. Toujours engagé en Ligue des champions, le club reçoit, mercredi 26 février, la Juventus Turin en huitièmes de finale de la compétition phare européenne de football. Une affiche prestigieuse. A la hauteur de celle d’il y a un an, quand l’OL avait reçu un autre géant européen, le FC Barcelone, au même stade de cette épreuve.

Pourtant, l’heure n’est pas à l’euphorie dans le Rhône. Les Lyonnais traversent l’une de leurs saisons les plus compliquées et traînent leur misère au plan national. Modestes septièmes du classement de la Ligue 1 (à égalité avec le onzième) après 26 journées, ils sont à 7 points du podium, enchaînant les mauvaises prestations depuis septembre.

Sur le plan financier, en revanche, le club (310 millions d’euros de budget) est en bonne santé et son président, Jean-Michel Aulas, ne manque jamais une opportunité de le faire savoir. Au point qu’une question se pose : à l’OL, la politique économique est-elle devenue plus importante que la politique sportive ?

Certains des plus fidèles supporteurs ne sont pas loin de le penser. Dimanche, la plus importante des associations, les Bad Gones, a accroché une banderole au-dessus de la billetterie du club sur laquelle on pouvait lire : « Méthode Coué, valeurs et identité envolées, supporters baladés… Président, où est passé notre OL ? »

Si elle n’a tenu qu’une heure avant d’être décrochée, son message était accompagné d’une explication de texte sur Facebook : « Alors monsieur le président, arrêtez de balader les fidèles supporters que nous sommes, sortez le nez de vos résultats financiers et regardez l’exaspération qui monte en face. »

L’OL a répliqué quelques heures plus tard avec un communiqué sur son site officiel. Sans surprise, le club a défendu son modèle, qui est « la seule solution possible, sans avoir à dépendre d’un richissime actionnaire et sans vivre au-dessus des moyens produits par lui-même pour être compétitif ».

Champion de l’ebitda

Expert en contre-feux médiatiques, Jean-Michel Aulas s’était déjà chargé de défendre sa gestion. N’hésitant pas à se comparer au rival marseillais, qui, affichant un déficit d’exploitation sur deux années supérieur à 170 millions d’euros, devance Lyon de 15 points au classement. « L’OM s’est de nouveau mis dans le rouge sur le plan économique relativement au fair-play financier, contrairement à l’OL, qui a une structure financière forte », a-t-il déclaré, le 17 février, dans un entretien au site officiel de son club, après un quatrième match sans victoire en Ligue 1, contre Strasbourg.

Le président de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, le 13 février, à Décines-Charpieu.
Le président de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, le 13 février, à Décines-Charpieu. JEFF PACHOUD/AFP

Cette propension à mettre en avant cette réussite est devenue l’objet d’une plaisanterie récurrente. Maniant l’autodérision, les supporteurs, échaudés par plusieurs saisons qu’ils estiment ratées, ont fait de leur club le champion de l’ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement).

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Gaelle MAMBOU

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