Le Texas, terre de mission pour les démocrates

L’Etat, tenu par les républicains, revient progressivement au centre à la faveur de son évolution démographique. Les démocrates y votent ce mardi pour leur primaire.

Un partisan du candidat démocrate Mike Bloomberg, lors d’un rassemblement à Houston, au Texas, le 27 février. MARK FELIX / AFP

Le campus universitaire d’Austin est non-fumeur, les toilettes sont multigenre, l’hôtel facture du café en boîtes d’acier réutilisables pour éviter les déchets plastiques, tandis que la librairie présidentielle LBJ rappelle qu’à une lointaine époque, le Texas fut démocrate.

« LBJ » comme Lyndon Baines Johnson (président de 1963 à 1969), successeur de John F. Kennedy, méprisé de l’histoire à cause de la guerre du Vietnam, mais ardent promoteur des droits civiques. C’était il y a plus d’un demi-siècle. Et la dernière fois que le Texas se donna à un démocrate, ce fut pour un autre oublié de l’histoire, Jimmy Carter en 1976.

Pourtant, en cette année 2020, les démocrates veulent y croire. « La question n’est pas de savoir si le Texas va basculer, mais quand », nous confie le maire d’Austin, Steve Adler, qui précise : « Le Texas républicain, c’est de la vieille démographie. » Celle des plaines de l’Ouest, d’autant plus conservatrices qu’on y trouve du bétail et des derricks pétroliers. Mais les villes, peuplées de jeunes et de Latinos, n’ont rien à envier à San Francisco ou à New York. Oublié, le cow-boy texan en chapeau Stetson.

« Incarner une nouvelle génération »

« Vous parlez au maire d’Austin, l’une des villes les plus progressistes des Etats-Unis », confie M. Adler. Il énumère toutes les causes embrassées par sa municipalité : un salaire minimum à 15 dollars (13,60 euros), une loi pour embaucher les anciens détenus sans leur demander leur casier judiciaire, le paiement de congés maladie et une ville qui a déjà franchi son pic d’émission de CO2.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Présidentielle américaine, J–246 : le centre démocrate se regroupe autour de Joe Biden

Austin-la-bobo a fêté dimanche 21 février Bernie Sanders, qui venait de remporter haut la main la primaire du Nevada, et enchaîna quatre meetings à travers l’Etat. Les Texans s’apprêtent à voter pour le Super Tuesday (« super-mardi ») et à envoyer 261 délégués à la Convention de Milwaukee (Wisconsin).

Steve Adler, lui, soutenait Pete Buttigieg, 38 ans, ancien maire de South Bend, dans l’Indiana. « Par le passé, les démocrates ont désigné Al Gore, John Kerry, Hillary Clinton, des personnalités très qualifiées mais qui n’ont pas conquis la Maison Blanche. Ceux qui ont gagné [Bill Clinton, Barack Obama, mais aussi Kennedy et Carter] étaient plus jeunes, incarnaient une nouvelle génération », assure-t-il. Las, le changement de génération attendra, avec le retrait annoncé de M. Buttigieg, dimanche 1er mars. Et peut-être le changement de couleur politique.

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Author: richard fopa

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