« Ce qui s’est passé est un putsch » : Vladimir Poutine, le pouvoir à vie

Vladimir Poutine à la Douma, le Parlement russe, mardi 10 mars. PAVEL GOLOVKIN / AP

Le président russie s’est dit favorable à l’idée de « repartir de zéro » concernant le nombre de mandats qu’il a effectués. Sous réserve d’un accord de la Cour constitutionnelle, il pourrait se représenter pour deux mandats supplémentaires.

Jusqu’à présent interdite par la Constitution et rejetée par le principal intéressé, l’hypothèse d’un maintien au pouvoir de Vladimir Poutine après la fin de son mandat, en 2024, est désormais de l’ordre du possible. Elle marque une rupture nette, le Kremlin ayant toujours fait de cette éventualité un tabou.

Formellement, c’est la Douma qui a pris l’initiative, mardi 10 mars, de manière totalement inattendue. A l’issue d’une mise en scène savamment orchestrée, le Parlement russe a ainsi voté un amendement constitutionnel ad hoc, qui permettra à l’actuel président de briguer deux nouveaux mandats.

M. Poutine est toutefois venu s’exprimer devant les députés pour appuyer cette modification constitutionnelle. Le président a reconnu que « les Russes doivent avoir, dans n’importe quelle élection, le choix », mais il a estimé que « la stabilité est peut-être plus importante », citant aussi les « menaces sécuritaires et économiques ».

Le chef de l’Etat, 67 ans, au pouvoir depuis 2000, a rappelé que ce changement des textes devait recevoir l’agrément de la Cour constitutionnelle, et obtenir le soutien de la population lors d’un « vote populaire » organisé le 22 avril. Ces deux étapes sont toutefois de l’ordre de la formalité.

Immédiatement après l’intervention du président, le texte a reçu l’approbation de 380 députés. Les 44 élus communistes ont voté contre. Cet amendement tire prétexte de la modification en cours de la Constitution, lancée par Vladimir Poutine lui-même, le 15 janvier, pour estimer que le nombre de mandats effectués par l’actuel président doit être « remis à zéro » par l’adoption de la réforme constitutionnelle. En clair, les mandats effectués sous le régime de l’ancienne Constitution ne compteraient pas.

27 % des Russes favorables à un nouveau mandat

L’hypothèse d’un maintien au pouvoir avait été exclue à plusieurs reprises par Vladimir Poutine ces dernières années, le président allant même jusqu’à évoquer le risque, pour les dirigeants s’accrochant au pouvoir, de « détruire » leur pays.

En 2008, le chef du Kremlin avait choisi une autre solution : plutôt que de modifier la Constitution, il avait échangé son fauteuil avec celui de son premier ministre, Dmitri Medvedev. Mardi, le président a maintenu une part de suspense quant à son choix futur, lançant aux députés : « Nous allons faire beaucoup de bonnes choses au moins jusqu’à 2024, et après, on verra. »

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Author: richard fopa

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