« Les acteurs du commerce équitable devraient se concentrer sur les producteurs pauvres »

Pour aider les plus pauvres en Afrique, le mouvement équitable doit résister aux intérêts industriels et commerciaux, explique l’économiste Gary Lai, dans une tribune au « Monde », et ne pas dépenser son argent pour financer des campagnes dans les pays riches.

Tribune. Organisé dans sa forme actuelle au cours des années 1960, le mouvement du commerce équitable s’est fixé un programme ambitieux. Son objectif ultime est de corriger les inégalités entre pays riches et pays pauvres qui se sont développées au travers des échanges commerciaux entre le Nord aisé et le Sud déshérité.

Il exige transparence et équité (quelle que soit la définition que l’on donne à ce terme) pour certifier ses produits qui, uniquement agricoles au départ, comme le coton, le riz, les fruits, le cacao, le thé et le café, se sont désormais élargis aux pierres précieuses, tels le rubis ou le diamant.

En Tanzanie, expliquent par exemple Allison Loconto, de l’INRA-ENPC, et Emmanuel Simbua, du Tea Research Institute tanzanien, un acheteur de thé ou un tea blender souhaitant obtenir une labellisation auprès de l’association Fairtrade Labelling Organizations International doit payer au producteur un prix couvrant ses frais de production et assurant sa subsistance ; un montant supplémentaire que le producteur pourra réinvestir dans le développement de projets collectifs ; un préfinancement si le producteur le demande ; enfin il doit signer des contrats permettant un planning à long terme et une production durable (« Making Room for Smallholder Cooperatives in Tanzanian Tea Production : Can Fairtrade Do That ? », par Allison Loconto et Emmanuel Simbua, << journal of Business Ethier >>108/4, 2012).

Le débat économique sur le commerce équitable se développe autour de cinq axes.

Les questions distributives visent à déterminer si le commerce équitable améliore les conditions de vie des producteurs, y compris les plus pauvres, et s’il risque de marginaliser les producteurs qui restent en dehors du réseau.

Une deuxième question concerne son efficacité en matière d’allocation des ressources : le commerce équitable peut-il fausser les signaux des marchés, comme le prix des matières premières qui indiquent leur qualité – et permettra-t-il aux producteurs non rentables de rester sur le marché ?

Un renoncement

La question de l’efficacité du système de transferts concerne la façon dont le commerce équitable répartit les ressources entre les marchés.

La question de l’efficacité du système de contrôle cherche à évaluer l’efficacité avec laquelle le système de commerce équitable identifie et règle les abus.

Enfin, certains posent la question de savoir si le commerce équitable pourrait constituer ou non une alternative viable aux politiques économiques existantes.

Les acteurs du commerce équitable devraient se concentrer sur les producteurs pauvres

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MAX NDASSI
Author: MAX NDASSI

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