Ebolowa : un quartier à risque nommé New-bell

Ebolowa : un quartier à risque nommé New-bell

Avec les grandes pluies qui s’abattent sur la ville depuis une semaine, ce quartier marécageux est menacé par des inondations.

Le quartier New-Bell à Ebolowa est classé zone à risque. Le site est interdit d’habitation par le ministère de l’administration territoriale. L’espace étant un marécage. Il est en outre situé au pied d’une montagne surplombée d’un énorme rocher pouvant à tout moment dégringoler sur les habitants. Au quartier New-Bell, les populations ne semblent pas prendre conscience du danger auquel elles sont exposées. Elles s’y sont installées au péril de leurs vies.

Pour preuve, ce n’est visiblement pas pour demain que ces populations établies ici depuis plus d’un demi-siècle vont se résoudre à quitter le site. «Au départ, les gens faisaient les champs sur les parcelles qui leur étaient allouées. Quelques temps après, on constate avec stupéfaction qu’ils ont remblé et ont même construit des maisons dessus. Ceci, au mépris de la réglementation en vigueur», signale avec gêne le chef du quartier New-Bell4, Stéphane Michel Eshon.

Le chef du quartier Insiste: «L’Etat doit prendre ses responsabilités et sévir avant qu’il ne soit trop tard». L’auxiliaire d’administration s’interroge ensuite, «comment comprendre1 que sur des zones purement marécageuses, sensées appartenir exclusivement à l’Etat, on retrouve des individus détenteurs des titres fonciers et des permis de bâtir?».

L’autorité traditionnelle tire donc la sonnette d’alarme, «la situation est extrêmement grave. Les constructions anarchiques sur des terrains humides occasionnent des affaissements et écroulements des maisons. Les odeurs nauséabondes, les maladies et les agressions des serpents ne manquent pas».

Biaise Ngoumgang, un habitant du quartier croit savoir que, «la pauvreté galopante, le coût des terrains sont autant de raisons qui poussent les gens à s’installer à New-Bell et à bâtir sans réfléchir. Les maisons s’effondrent et il y’a des morts». Le mercredi, 10 mai I 2017 par exemple, Cyriac Evina, ! 26 ans, à l’époque étudiant en biochimie à l’université de Yaoundé I avait trouvé 1a mort alors qu’il se soulageait dans une latrine qui s’est effondrée sur lui. Le petit bâtiment de quatre compartiments qui servait de latrine s’était en effet effondré sur l’étudiant. A New-Bell, le sol est boueux, les mares d’eau sont omniprésentes et les rigoles charriant des eaux souillées côtoient des habitations construites dans l’anarchie.

Un habitat précaire dans les bas-fonds. Stéphane Engolo, un jeune homme qui vit dans ce quartier depuis 15 ans tente de trouver une explication, «ce n’est pas facile d’avoir un terrain ailleurs et à un bon prix. Malgré les risques, nous sommes là. La saison sèche est nettement mieux car on a moins de dégâts. En saison pluvieuse, c’est grave, il y’a des inondations, les maisons s’affaissent doucement».

Toujours d’après le jeune homme qui ne cesse d’égrainer le chapelet des risques qu’encourent les populations de ce quartier de la ville d’Ebolowa, faute de moyens pour s’établir ailleurs, les habitants du quartier New-Bell vivent dans la résignation en tirant au quotidien le diable par la queue, surtout en cette saison pluvieuse.

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MAX NDASSI
Author: MAX NDASSI

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