« La crise anglophone ne saurait être un prétexte pour ne pas organiser des élections »

« La crise anglophone ne saurait être un prétexte pour ne pas organiser des élections »

Tchana Bopon John Michael, Juriste

« Je ne pense pas qu’il y ait un autre type d’élections régionales que celles prévues par les lois de la République. Donc les élections régionales qui seront organisées dans toutes les régions du Cameroun, sont celles dont la forme et le fond ont été prévus et encadrés par les textes en vigueur. N’oublions pas que la crise regrettable qui sévit dans les régions du NOSO, n’a pas empêché l’organisation des élections législatives et municipales qui se sont tenues récemment au Cameroun.

Il y va de la responsabilité de nos dirigeants de parachever le processus de décentralisation consacré depuis plus de deux décennies dans notre pays. Bien plus, nous sommes tous choqués et outrés par la crise qui perdure dans les régions anglophones. Mais il faut préciser que la crise ou la guerre ne saurait être un prétexte pour ne pas organiser des élections dans un pays.

Pour exemple, les pays comme l’Irak, l’Afghanistan, la Lybie, le Sud Soudan, etc… sont en crise mais des élections se sont tenues dans ces pays. Bien plus, concernant les élections régionales, le corps électoral est constitué des conseillers municipaux et des chefs traditionnels. Au bout du compte, je pense que le processus de décentralisation ayant accusé un très grand retard dans ce pays doit être parachevé avec ces élections régionales.

Des chefs ont été tués par le passé dans le cadre de ce conflit Comme les déplacés, on se demande s’ils peuvent se laisser convaincre à rentrer. Je pense que les chefs traditionnels issus des zones pacifiées et sécurisées, à ce jour, devraient retourner dans leurs localités avec la garantie de l’Etat de continuer à œuvrer pour le retour au calme dans les autres localités encore en proie à quelques tensions. Il n’en demeure pas moins que la peur plane toujours au regard de certaines exactions qui continuent à être commises sur le théâtre des opérations dans le NoSo. Mais je pense que l’État devrait renforcer les mesures de sécurité dans ces régions afin de rassurer au maximum les populations ainsi que les chefs qui doivent retourner dans leurs chefferies.

Malgré le contexte, l’État peut assurer la sécurité de ses citoyens. Il a les moyens de le faire car étant la seule entité dotée du monopole de la force publique. Au regard de tout cela, l’Etat a la possibilité d’assurer la sécurité de ces chefs traditionnels. Seulement, l’Etat à lui seul ne pourra pas le faire de manière efficiente, d’où la participation des populations et de toutes autres personnes de bonne foi. C’est ici que le concept de défense populaire vaut tout son pesant d’or.

D’ailleurs, avec 24 ans de retard depuis la promulgation et la publication de la constitution du 18 janvier 1996, révisée en avril 2008, il est plus que nécessaire d’achever la mise en place des institutions créées dans la loi fondamentale pour rendre la décentralisation effective au Cameroun au moins sur le plan de la forme. Voilà à mon sens l’esprit qui guide le gouvernement à organiser les élections régionales malgré le contexte difficile dans le NoSo ».

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MAX NDASSI
Author: MAX NDASSI

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