Les animaux se meurent au zoo de Garoua

Les animaux se meurent au zoo de Garoua

Ce 6 septembre, c’est une ambiance morose qui prévaut au parc zoologique situé non loin de l’Alliance française de Garoua.

Le gardien, assis au portail et dont le rôle est de filtrer les entrées et les sorties se tourne les pouces. «Nous n’avons rien à faire. Il n’y a pas de visiteurs», se plaint-il en faisant la moue. Il est 10h ce dimanche et les animaux sont seuls avec leurs nourrisseurs connus sous le nom «baba». Un des leur dernier vient donner à manger aux singes et à deux hyènes. «Chaque animal a ses heures de repas. Ce n’est pas à tous les animaux du zoo qu’on sert à manger le matin. Le lion par exemple mange uniquement à 13 h tandis que les crocodiles mangent deux fois par semaine. On les nourrit en fonction de leurs organisme», explique H amadou, surnommé Marabout par les employés du zoo.

En faisant le tour du zoo de Garoua, on découvre plusieurs ‘espèces animales. Deux singes verts, deux perroquets, deux hyènes, un aigle pêcheur, un babouin, cinq serpents, un lion, une gazelle, une tortue… et une centaine de crocodiles. Lors de notre dernière visite au jardin zoologique de Garoua en 2004, les animaux ne pouvaient se compter au bout des doigts comme c’est le cas aujourd’hui. Les cages moyennes contenaient au minimum une dizaines d’animaux. Aujourd’hui, le lion par exemple à lui seul dispose de toute une villa. Il est logé dans un appartement de 4 pièces dont sa salle à manger, sa chambre, son salon et sa salle de repos. Plusieurs cages en outre sont vides. La tortue et la- gazelle cohabitent dans un enclos pouvant contenir une cinquantaine d’animaux.

Des deux hyènes qui restent au zoo, chacune a son espace, ou mieux encore son quartier. La première est logée seule, dans un bâtiment d’environ 20 mètres de long et 20 mètres de large. Pendant que nous faisons la remarque selon laquelle il reste très peu d’animaux dans le zoo de Garoua au guide qui nous accompagne, un monsieur, visitant à la hâte le zoo fait le même constat Ne pouvant se retenir, il s’exclame : «Il n’y a plus d’animaux dans le zoo. Où sont passés les espèces tels que le buffle, la girafe, l’éléphant… Auparavant, ils étaient très nombreux dans ce zoo. Mais à présent, il ne reste plus rien. Je ne sais pas si la totalité d’animaux présents dans, ce parc atteint cent», s’indigné-t-il, l’air très déçu.

Curiosité

Pis, c’est-une odeur nauséabonde qui accueille le visiteur qui s’approche du quartier des crocodiles. Des rumeurs faisant état de la mort de plusieurs animaux et spécialement des crocodiles dans le parc zoologique de Garoua font l’objet de plusieurs curiosités. «Des animaux meurent certes, mais nous sommes tous conscients que c’est le chemin de chacun. Même les hommes passent par ce chemin. Le crocodile dont nous avons surnommé grand-père par ? exemple a 60 ans. C’est depuis l’époque du président Ahidjo qu’on les a ramenés du Nil, en Egypte. -Ils étaient deux. Un mâle et une femelle.

Et c’est d’ailleurs eux qui ont engendré tous les crocodiles qui vivent ici dans le parc. Ils sont une centaine de crocodiles à ce jour. C’est la raison pour laquelle on l’appelle grand-père ; car il a des petits fils. Cependant, la femelle est morte ; mais grand-père a plu de 60t ans et il pourra encore! vivre une dizaine d’année», justifie Hamadou, guide et nourrisseur des animaux du parc de Garoua. Toutefois, il faut noter que ce n’est pas tous les animaux qui sont capables de se reproduire dans un zoo comme c’est le cas des crocodiles. Selon notre guide, c’est l’une des raisons qui explique la diminution des animaux dans le parc.

En jetant un regard dans les piscines aménagées pour les crocodiles, on peut apercevoir du coup une,vingtaine de petits crocodiles qui sont au bord de l’eau, la gueule ouverte,’attendant que le soleil les réchauffe. «Les petits crocodiles meurent beaucoup. En effet, les crocodiles aiment bien se bronzer. Ainsi, lorsqu’ils ressentent la chaleur du soleil, chacun se presse afin de se frayer un passage pour s’exposer au soleil. Il arrive donc que les plus gros passent sur les petits, causant ainsi leurs morts», affirme Hamadou.

Cohabitation

Environ une quinzaine d’espèces d’animaux cohabitent dans .le parc zoologique de Garoua. Ces animaux sont sous la responsabilité d’un nourrisseur qui s’occupe de leurs alimentations, d’un gardien qui veille à leur sécurité jour et nuit, et des< responsables qui pourvoient et gèrent leurs alimentations et leur santé en cas de maladies. Dans une trentaine de cages et d’enclos qui s’y trouvent, des animaux sont repartis en fonction de leurs espèces. Par contre, tous reconnaissent leurs «baba» qui est Hamadou et qui se charge de leur alimentation. A l’écoute de sa voix, tous se dirige vers leur maître soit pour faire des caprices soit pour demander à manger.

«Ils me connaissent tous. Dès que je parle, chacun sort de 6a cachette pour venir vers moi. Ils comprennent d’ailleurs tous le Fulfulde car c’est dans ce dialecte que je les parle. Il arrive même que je les taquine pour qu’on joue. Le lion par exemple, n’aime pas qu’on le dérange en matinée. Je connais le comportement de chaque animal car je suis avec eux depuis longtemps», affirme notre guide.

Cette proximité entre «baba» et les animaux se vérifie à travers le comportement des uns et des autres. Le vieux crocodile surnommé «grand-père», ou même le lion âgé de 13 ans baptisé soleil et qui a été amené du zoo de Mvog Besti à Yaoundé à l’âge de 4 ans s’est familiarisé à son maître autant que ceux qui y sont nés. Par contre, les animaux demeurent imprévisibles et ne méritent pas une totale confiance à cause de leurs sots d’humeurs. «Je joue beaucoup avec ces animaux certes mais il faut toujours rester prudent. Le singe que j’ai baptisé vieux Aladji m’a une fois mordu et à chaque fois que je regarde cette cicatrice, Je me rends compte que mon travail est très risqué et qu’il faut que je fasse attention. Car ce n’est pas facile d’exercer une telle activité» affirme Hamadou.

Révélations, l’Etat vote’ un budget spécial pour pourvoir aux besoins alimentaires des animaux du jardin zoologique de Garoua. Selon les informations recueillies sur place, la nourriture des animaux est livrée à leur nourrisseur qui se charge juste de le -départager en fonction dés types d’espèces ; carnivores, omnivores ou herbivores. «Je nourri les animaux en fonction de leurs préférences alimentaires. Le lion par exemple ne mange que de la viande fraiche». En revanche, chaque animal suit un régime que maîtrisent parfaitement leurs «baba». «Les crocodiles pat-exemple mangent deux fois pat-exemple par semaine. Le lion mange une fois par jour» dit-il.

En rappel, la réserve de faune de la Bénoué a été créée le 11 novembre 1932 pour devenir ensuite parc National par décret du 5 décembre 1968 et est reconnu réserve biosphère par L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) en 1981.

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MAX NDASSI
Author: MAX NDASSI

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