lun. Sep 23rd, 2019

Mutinerie de Kondengui: Laurent Esso prescrit des mesures pour réduire les lenteurs judiciaires

Dans un message porté, le ministre de la Justice demande aux autorités judiciaires des régions du Cameroun, de proposer des solutions pour endiguer ce phénomène.

Les manifestations organisées par des détenus à la prison centrale de Kondengui, le 25 juillet dernier, continuent de hanter les esprits.

Dans une note signée du 30 juillet, le ministre de la Justice, Garde des sceaux, Laurent Esso, demande aux chefs des Cours d’appel des 10 régions du Cameroun de lui faire parvenir en urgence des «suggestions sur la réduction des lenteurs judiciaires par voie législative. Notamment les réaménagements et amendements pertinents susceptibles d’être envisagés», dans la mesure des dispositions du Code de procédure pénale.

Le message porté ayant la mention «urgence hautement signalée», fait suite aux manifestations organisées, le 25 juillet par les prisonniers incarcérés dans le cadre de la crise anglophone n’ayant toujours pas été jugés. Ils ont vite été rejoints dans leurs revendications par d’autres détenus. Des locaux de la prison ont été incendiés au passage et certains détenus dits de luxe, pillés. Deux d’entre eux ont d’ailleurs été blessés. Des forces de sécurité, appelées en renfort vont user des coups de feu dissuasifs pour contenir les manifestants.

177 détenus ont été auditionnés pour les événements du 25 juillet et d’autres détenus ont été transférés au Secrétariat d’Etat à la défense (Sed).

La prison centrale de Kondengui, accueille près de 6000 détenus, majoritairement des personnes en attente de leur procès. Un pénitencier prévu au départ pour moins de 2000 détenus.

La surpopulation carcérale est un fait au Cameroun. Dans le rapport 2017 de la Commission nationale des Droits de l’Homme et des libertés, les prisons du Cameroun comptaient 30.701 prisonniers au 31 décembre 2017 pour une capacité d’accueil de 17.815 places.

La piste des peines alternatives a pourtant été explorée depuis longtemps. Notamment lors des réunions annuelles des chefs de Cours d’appel. Sauf que le décret d’application de la loi sur les peines alternatives tarde à être signé par le chef de l’Etat.

 
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Author: erica

admin

Par
Actu Cameroun

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