AU JAPON, LES RUGBYMEN PRIÉS DE CAMOUFLER LEURS TATOUAGES

Illustration - France / Italie - Tournoi des VI Nations - Six 6 - 09.03.2008 - Rugby - largeur attitude jambes tatouage ballon

Dans l’archipel nippon, il est déconseillé d’arborer ces dessins sur la peau en public. Une règle parfois assouplie pour la venue des 20 équipes et 450.000 supporters de rugby. Pendant les matches, en revanche, les joueurs n’auront pas à les dissimuler.

De notre envoyé spécial à Fujiyoshida

Sitôt la Coupe du monde attribuée au Japon, et vu la mode du tatouage chez les joueurs de rugby (et leurs supporters, en particulier anglo-saxons), la crainte était grande. Dans l’archipel nippon, en effet, ces encres sur la peau sont très mal considérées. Apanage des yakusas – la pègre nipponne -, les arborer en public est mal vu. Ainsi dans les piscines, les bains chauds (les fameux onsens, pris obligatoirement en tenue d’Adam) ou les salles de sport, le tatouage doit être recouvert.

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La preuve de cette reluctance, en 2016, les forces de l’ordre avaient, dans deux des cinq plus grandes villes du pays, interpellés des tatoueurs sous prétexte qu’ils violaient le Code de la médecine japonais stipulant que «seuls les docteurs diplômés peuvent réaliser des pratiques médicales». On pouvait donc légitimement se demander si la visibilité des tatouages sur les terrains et dans les tribunes des matches de la Coupe du monde ne serait pas également prohibée.

Début de panique à World Rugby. Qui a alors entrepris une délicate mission de déminage. En partie couronnée de succès. Le Japon a, exceptionnellement, accepté d’assouplir sa chasse aux tatouages face à l’afflux de supporters étrangers (450.000 annoncés). L’agence de presse Kyodo a ainsi révélé qu’à Sapporo (qui accueillera Angleterre-Tonga) ou à Fukoroi (où les Japonais affronteront l’Irlande), les propriétaires des «onsens» ont accepté de fermer les yeux.

Des horaires «tattoo-friendly» pour l’accès aux piscines et autres bains chauds

L’île de Kyushu (sud-ouest du Japon), réputée pour ses bains thermaux et qui accueillera cinq matches pendant la compétition, a imprimé une carte de la centaine de bains accessibles aux personnes tatouées dans la principale ville, Beppu. La chaîne d’hôtels Hoshino Resorts a, elle, mis en place des horaires «tattoo-friendly» pour l’accès aux piscines et autres bains chauds. D’autres distribueront des stickers à apposer sur les petits dessins. Couvrez ce tatouage que je ne saurais voir…

Du mieux donc. Mais pas un sauf-conduit. Selon l’Agence de Tourisme japonaise, une grosse moitié des établissements ne dérogera pas à ces interdictions. «Nous avons prévenu les Japonais qui vivent autour des installations qui accueillent les sélections que les gens avec des tatouages ne sont pas des yakuzas, confie Alan Gilpin, le directeur de la Coupe du monde. Mais pour aller à la piscine ou en cas d’entraînements en public, il faudra les couvrir. Nous ne forcerons aucune équipe à le faire. Mais je suis certain qu’ils le feront car ils veulent respecter la culture locale. L’Écosse, l’Irlande, le pays de Galles ou l’Italie, qui sont tous venus récemment au Japon, ont compris cela.»

Un semblant d’ouverture motivé par des raisons… économiques

S’il vaut mieux donc camoufler, avec des manches longues ou des bandages, les tatouages dans les lieux publics ou les salles de sport afin d’éviter de choquer la population, cette précaution, en revanche, ne s’appliquera pas pendant les matches. Les motifs à l’encre pourront être visibles, les Japonais ayant admis que cela faisait partie de la culture rugbystique, chez les joueurs maoris en particulier. Un semblant d’ouverture motivé essentiellement par des raisons… économiques, les JO se profilant également dans un an à Tokyo. Ce qui ne signifie pas que la grande majorité des Japonais voient d’un meilleur œil ces tatouages à la bien mauvaise réputation dans l’Empire du Soleil-Levant.

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Author: erica

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