Affaire des fonctionnaires fictifs: Emmanuel Leubou est-il est le bouc émissaire d’un gros scandale d’Etat?

Emmanuel leubou

Dans son édition en kiosque le 23 septembre 2019, l’hebdomadaire Kalara fait de graves révélations sur l’affaire relative aux fonctionnaires fictifs et le rôle joué par l’ancien responsable du système informatique du ministère des Finances.

Quelle est la vérité autour de l’affaire des fonctionnaires fictifs, mettant en cause Emmanuel Leubou? C’est l’objectif de la volumineuse enquête publiée le 23 septembre 2019 par l’hebdomadaire Kalara, sous la plume de son directeur de publication, Christophe Bobiokono.

Manipulations?

Depuis plusieurs semaines, la toile est inondée d’informations, contre-informations et rumeurs autour d’Emmanuel Leubou, l’ancien chef de la cellule informatique de la Direction des dépenses du personnel et des pensions (DDPP) du ministère des Finances, présenté comme le cerveau d’un vaste scandale de détournement de fonds publics à travers des fonctionnaires fictifs.

Selon ces ‘‘informations’’, l’informaticien en chef de l’opération de comptage physique des agents publics aurait, entre 2015 et 2016, favorisé les paiements sur avance sur solde et une avance sur pension à plus de 20 000 matricules fictifs. Les noms de plusieurs journalistes, dont Jean Jacques Ze, Jean Bruno Tagne ou encore Mimi Mefo et d »autres personnalités à l’instar de Patrice Nganang, sont associés à ces allégations. Sieur Leubou aurait ainsi été condamné à une peine d’emprisonnement ferme de 104 ans.

Où est la vérité?

Dans une enquête, Christophe Bobiokono présente M. Leubou comme la victime d’un vaste système qui aurait déjà favorisé le détournement de 7 milliards de FCFA des caisses de l’Etat.

Au sujet de la supposée condamnation, le journal note qu’il ne s’est jamais tenu un procès public à l’issue duquel l’ancien chef de la DDPP a été condamné.

Les rumeurs sur cette condamnation commencent à circuler le 26 juillet 2019. Ce jour-là, dix personnes, dont deux officiers supérieurs de l’armée camerounaise, sont condamnées à de lourdes peines d’emprisonnement ferme par le Tribunal Criminel Spécial (TCS). Il leur est reproché d’avoir orchestré, entre 2004 et 2010, à l’aide de 102 matricules frauduleux, le détournement d’environ 1,5 milliard de FCFA. Dans cette affaire, M. Leubou n’est que le témoin de l’accusation.

A propos des journalistes incriminés, Kalara rappelle que les employeurs respectifs, notamment les promoteurs des chaînes de télévision Canal 2 International, Emmanuel Chatue et Equinoxe, Sévérin Tchounkeu, avaient commis des communiqués pour démentir ces rumeurs.

Machination?

Kalara indique en fait que c’est le mis en cause, Emmanuel Leubou qui fait la dénonciation de cette affaire en début d’année 2016.

«Administrateur, en vertu de ses fonctions, de l’application informatique qui sert au traitement des salaires des personnels de l’Etat et des pensions des agents à la retraite, M. Emmanuel Leubou avait observé, fin 2015, des fluctuations anormales de la masse salariale de l’Etat. Selon le constat fait, nombre de personnes ayant bénéficié d’une avance sur solde ou d’une avance sur pension (des prêts à taux nul auprès du Trésor Public) ne remboursaient finalement pas l’argent à l’Etat. En fait, ces personnes bénéficiaient des complicités internes au MINFI, permettant de désactiver la retenue automatique à la source», informe le journal.

A la suite de ses investigations, M. Leubou constate que le problème vient de Mme Leufang Celestina Nkeng, chef du service des oppositions à la Paierie générale. Elle est identifiée comme la responsable du système qui favorise ces non-remboursements. Par deux reprises, M. Leubou décidera de supprimer la clé d’accès de cette dernière au réseau informatique. Mais à chaque fois, sa hiérarchie lui demande de la rétablir.

Kalara révèle que le 2 mai 2018, le jour de son arrestation, M. Leubou avait été invité à se présenter devant les enquêteurs du TCS, pour confrontation avec Mme Leufang. Cette dernière ne se serait jamais présentée au rendez-vous, alors qu’Emmanuel Leubou était interpellé, gardé à vue et plus tard, écroué à la prison centrale de Kondengui.

Notre confrère se demande pourquoi Mme Leufang, présentée au départ comme la principale mise en cause dans cette affaire, n’a jamais été inquiétée.

«Elle est présentée par diverses sources comme une proche parente de Mme Limunga Sarah Itambi, avocat près de la Cour Suprême, qui est l’épouse de M. Amougou Belinga, proche du dernier cercle du ministre de la Justice, Laurent Esso. Ceci explique-t-il cela?», s’interroge Christophe Bobiokono.

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Gaelle MAMBOU
Author: Gaelle MAMBOU

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