« Nos étudiants se battent pour le seul avenir possible » : à Hongkong, les universités à la pointe de la contestation

A protester stands on a makeshift lookout to watch for police on a bridge at the Chinese University of Hong Kong (CUHK) on November 15, 2019. Thousands of pro-democracy protesters took to Hong Kong's streets, defying a warning by Chinese President Xi Jinping, as a campaign of mass disruption extended into a fifth straight day. / AFP / DALE DE LA REY

Dans plusieurs campus, les étudiants se barricadent en prévision d’une intervention de la police.

Les universités de Hong­kong, fermées depuis le début de la semaine jusqu’à la fin du semestre, sont-elles en train de devenir des places fortifiées, occupées par les étudiants ? C’est le cas de plusieurs d’entre elles, après l’occupation, puis l’évacuation précipitée dans la nuit de 15 au 16 novembre, de la prestigieuse Université chinoise de Hongkong (CUHK). Le campus s’était transformé, depuis mercredi 13 novembre, en un quasi-phalanstère : « Les uns font les sentinelles pour guetter l’approche éventuelle de la police. D’autres ­renforcent les barricades… Les étudiants font eux-mêmes la cuisine dans les cantines », racontait, vendredi après-midi, Jonas W., 20 ans, étudiant en première année de sociologie à la CUHK, affecté à l’organisation des ressources.

Les forces de l’ordre avaient tenté, en vain, de pénétrer mardi 12 novembre sur le campus, rencontrant une forte résistance. « Quand la police est partie, nous avons pris possession des lieux. Nous avons reçu des tonnes de vivres », expliquait-il. Le cadre est idyllique : des hauteurs de collines verdoyantes du campus, on distingue, debout sur une rive du bras de mer en contrebas, l’immense ­statue blanche de la déesse bouddhique de la miséricorde, Guan Yin, qui semble protéger les lieux de sa main ouverte.

« Infiltrations » policières

Mais dans le récit de Jonas, quelques réserves déjà, annonçant la débâcle qui allait avoir lieu quelques heures plus tard : « Il y a des gens parmi nous qui ne sont pas des étudiants. Et nous sommes aussi certains d’être infiltrés par des policiers. Cela devient compliqué. Des gens non identifiés vous fouillent à l’entrée, et parfois même à l’intérieur. Il y a eu des classes ­saccagées alors que nous [les étudiants] respectons notre université », explique-t-il.

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Author: erica

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