mer. Jan 29th, 2020

« Colbert est chinois »

Le renforcement du rôle du Parti communiste dans l’industrie publique réaffirme le modèle économique dirigiste de la Chine, explique Frédéric Lemaître dans sa chronique.

N’en déplaise à Donald Trump, accord commercial ou pas, la Chine n’a aucunement l’intention de changer de modèle économique. S’il en fallait une preuve, l’agence Chine nouvelle l’a apportée le 5 janvier en publiant une décision prise par le comité central du Parti communiste le 29 novembre 2019. Son objet : renforcer le rôle du PCC au sein des entreprises publiques. Ou plutôt à leur tête.

Qu’on en juge : non seulement une cellule doit être créée dès qu’il y a plus de trois membres du PC dans l’entreprise, mais cette cellule y est définie comme le principal lieu de pouvoir. « Toutes les décisions importantes concernant les affaires ou le management de l’entreprise doivent être discutées par l’organisation de base du Parti communiste avant d’être présentées au conseil d’administration ou au management pour décision », indique ce texte. Pour que les choses soient plus simples, le secrétaire du parti et le président du conseil d’administration doivent d’ailleurs être une seule et même personne, et le conseil d’administration doit comporter un membre dont la seule fonction est de consolider le parti à l’intérieur de l’entreprise. Il va de soi, mais cela va encore mieux en le disant, que le premier devoir des membres du parti à la tête d’une entreprise est d’exécuter la volonté du parti.

Même le libéral « The Economist » vient de reconnaître dans un dossier spécial que « grâce à l’aide de l’Etat, la technologie chinoise explose »

Il y aurait en Chine environ 51 000 entreprises publiques – certaines dépendent de Pékin, d’autres de structures régionales ou locales – qui emploieraient 20 millions de personnes. Leur puissance n’ayant d’égal que leur opacité, elles constituent l’une des principales pommes de discorde entre Pékin et les Occidentaux. Les déclarations des dirigeants chinois sont suffisamment ambiguës pour que chacun y trouve son compte. Un jour, ces entreprises doivent se renforcer, le lendemain, elles doivent faire preuve de davantage de transparence.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis : « Un cessez-le-feu en guise de paix »

Si l’on en croit un article du quotidien nationaliste Global Times du 10 janvier, ces géants sont à la veille d’une véritable « révolution » qui porte un nom : ouverture du capital. « Cela va donner aux dirigeants le pouvoir de prendre des décisions plus rapides fondées sur des principes commerciaux et, comme résultat, cela va augmenter la productivité et créer de meilleurs retours [sur investissements] pour les capitaux publics », se réjouit Zhang Tianwei, chef des investissements chez China Resources Capital.

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Gervais TATSA
Author: Gervais TATSA

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