dim. Jan 26th, 2020

Paludisme : un mécanisme de résistance à l’artémisinine identifié

L’artémisinine est le produit d’une plante, l’armoise, ou Artemisia annua, utilisée en médecine traditionnelle chinoise. WIKIMEDIA COMMONS

Une équipe de chercheurs allemands et néerlandais a démontré que, à la suite de la mutation d’un gène, les jeunes parasites se développent plus lentement, mais en échange sont moins vulnérables à la destruction par le médicament.

Des chercheurs allemands et néerlandais ont découvert un mécanisme moléculaire par lequel le parasite responsable du paludisme, le plasmodium, acquiert une résistance à l’artémisinine. Ce dérivé d’une plante chinoise constitue le médicament de référence à la base des combinaisons thérapeutiques utilisées pour traiter cette maladie qui tue encore un enfant toutes les deux minutes, principalement en Afrique. Malgré de réels progrès depuis 2010, plus de 400 000 décès par an lui restent imputables. L’identification par Jakob Birnbaum (Institut de médecine tropicale Bernhard Nocht, Hambourg) et ses collègues de la manière dont le parasite devient résistant pourrait permettre d’adapter les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine afin de contrecarrer ce mécanisme. Leur article a été publié vendredi 3 janvier, dans la revue Science.

Le prix Nobel de médecine avait été décerné en 2015 à la chercheuse chinoise Youyou Tu pour sa découverte, en 1971, de l’artémisinine, produit d’une armoise, Artemisia annua, utilisée en médecine traditionnelle chinoise. Cela constituait une percée attendue de longue date dans la lutte contre le paludisme. Le médicament de référence, la chloroquine, avait perdu progressivement l’essentiel de son efficacité à partir des années 1960, du fait du développement de résistances chez le plasmodium.

Employée en combinaison avec d’autres médicaments – principalement la pipéraquine –, afin de freiner l’apparition inéluctable de nouvelles résistances, l’artémisinine est devenue la clé de voûte du traitement antipaludéen. Malheureusement, entre autres du fait d’une fréquente utilisation en monothérapie en Asie du Sud-Est, la sélection de souches de plasmodium résistantes est allée plus vite que la recherche de nouveaux antipaludéens. La résistance s’est propagée aux pays du bassin du Mékong (Cambodge et Thaïlande, puis Birmanie, Laos et Vietnam). Les craintes des experts du paludisme d’une apparition de telles résistances en Afrique se sont concrétisées par plusieurs cas observés et publiés en 2016 et 2017.

La résistance se traduit par une diminution de l’élimination des parasites et en particulier de leurs formes jeunes. Elle est souvent associée à la survenue, chez le parasite, de mutations d’un gène appelé « Kelch13 », codant pour une protéine homonyme. Mais, jusqu’ici, « la fonction cellulaire de Kelch 13 et son implication dans la résistance à l’artémisinine demeuraient énigmatiques », comme l’écrivent les auteurs de l’article.

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richard fopa
Author: richard fopa

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