dim. Jan 26th, 2020

La France rêve d’un plan quantique pour développer ces technologies du futur

Le « réfrigérateur » de Google, pendu au plafond pour limiter les vibrations, permet de maintenir le processeur quantique à - 273 degrés Celsius. Le groupe américain a annoncé le 23 octobre 2019 que son ordinateur quantique avait effectué un calcul bien plus rapidement que les meilleurs supercalculateurs classiques. GOOGLE

Les enjeux sont économiques, scientifiques, militaires et concernent la souveraineté nationale.

La France ne veut pas rater la vague technologique à la mode, l’information quantique. Elle s’apprête donc à lancer un plan stratégique pour développer ce secteur, sur les recommandations d’un trio d’experts mandatés en avril 2019 par le premier ministre, Edouard Philippe, et qui a remis son rapport jeudi 9 janvier. Nos voisins et concurrents ont déjà élaboré de tels programmes : l’Australie en 2003, le Royaume-Uni en 2013, l’Allemagne et les Etats-Unis en 2018, la Russie en 2019 mais surtout la Chine depuis plus de dix ans, qui est la seule à disposer d’un satellite, depuis 2016, recourant à ces technologies pour communiquer.

La notion d’information quantique n’est pas encore très connue car elle fait appel à de la physique très fondamentale, mais elle commence à faire parler d’elle sous forme de prometteuses applications dans le calcul, les communications ou la métrologie. « Cette technologie est une véritable rupture. Ses applications peuvent révolutionner des branches industrielles comme la chimie, la pharmacologie, l’énergie, la métallurgie, l’aéronautique ou les communications », écrit Jean-Paul Herteman, ancien PDG de Safran, dans ce rapport rédigé avec la députée LRM, Paula Forteza et le directeur de recherche au CNRS, Iordanis Kerenidis.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Les premiers pas d’un Internet quantique

« Il y a urgence à agir désormais pour la France si on veut une place dans la course », estime Paula Forteza. Il s’agit de « ne pas rater ce virage », pour reprendre le titre de leur document, qui pointe les enjeux tout autant économiques et scientifiques que militaires ou de souveraineté nationale. Un ordinateur quantique d’un nouveau genre pourrait en effet casser les chiffrements des communications actuelles…

Seconde révolution

En fait une première révolution quantique a déjà eu lieu. Les propriétés atomiques de la matière, décrites par la théorie quantique, sont à l’origine d’inventions comme les lasers, les processeurs, ou les horloges qui synchronisent les satellites de géolocalisation… Mais c’est à une seconde révolution que les chercheurs et les industriels travaillent désormais, exploitant d’autres propriétés du monde de l’infiniment petit, qui font miroiter des calculs plus rapides, des communications plus sécurisées et des instruments de mesures plus précis, comme des accéléromètres, des gravimètres ou des capteurs d’imagerie.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  La suprématie quantique ou la nouvelle frontière des géants de l’informatique

Si la France a tardé pour annoncer un plan spécifique, elle possède néanmoins des atouts. C’est même dans ses laboratoires, aux débuts des années 1980 que la seconde révolution quantique a débuté, grâce à des expériences qui ont confirmé le caractère pour le moins curieux de la mécanique quantique. Ses chercheurs sont depuis restés à la pointe avec notamment des prix Nobel et de nombreuses percées scientifiques. Des fleurons industriels comme Atos ou Thales sont aussi en pointe. Des entreprises a priori éloignées du domaine s’intéressent au sujet, EDF, Total ou l’européen Airbus… Une dizaine de start-up a été créée et les auteurs du rapport estiment qu’en cinq ans, une cinquantaine devrait encore pousser. Un fonds d’investissement, Quantonation, a été lancé en 2018…

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richard fopa
Author: richard fopa

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