NBA : les débuts en fanfare du très attendu Zion Williamson

Joueur le plus attendu en NBA depuis LeBron James, le « rookie » des New Orleans Pelicans a réussi ses débuts, à son retour de blessure, trois mois après l’entame de la saison.

L’attente est finie. Et cette année, à La Nouvelle-Orléans, le carnaval a un mois d’avance. Deux jours avant que la France ne s’embrase pour la NBA – à l’occasion du premier match de l’histoire de la Ligue de basket nord-américaine disputé à Paris vendredi –, son ancienne cité coloniale s’est enthousiasmée, mercredi 22 janvier (dans la nuit de mercredi à jeudi, en France) pour sa nouvelle étoile. Après avoir raté la moitié de la saison régulière en raison d’une blessure au genou, Zion Williamson a enfin fait ses débuts en NBA.

Premier choix de la Draft – cette loterie permettant aux équipes les plus faibles d’intégrer les meilleurs espoirs –, le joueur de 19 ans est suivi par les amateurs de basket depuis ses années lycée, à la Spartanburg Day School, en Caroline du Sud. Les images d’un géant spectaculaire, comme monté sur ressorts, dominant la concurrence de la tête et des épaules, avaient intrigué le monde de la balle orange. La veille de la rencontre, le joueur avait ironisé sur l’interminable attente. « Vous m’avez vu en train de méditer en bord de terrain, c’était vraiment difficile. » En fait de méditation, Williamson avait été surpris par des caméras en train de piquer du nez lors d’un match. « Mais ça y est, je peux enfin jouer. »

Et le gamin des Pelicans n’a pas manqué ses premiers pas. Après une entame sans sortir du lot, lors du match accroché face aux San Antonio Spurs, « Zion » a pris feu dans le dernier quart-temps. Un panier à trois points, la conclusion au cercle d’une action collective, suivies de trois autres banderilles… En trois minutes, et alors que son coach voulait le remplacer pour soulager ses genoux, le joueur a inscrit 17 points d’affilée, remettant son équipe en tête à la marque.

A La Nouvelle-Orléans, orphelins de leur star Anthony Davis, parti rejoindre LeBron James aux Los Angeles Lakers cet été après un bras de fer avec la franchise de Louisiane, les fans avaient accueilli le premier choix de la Draft avec joie. Et attendaient ses débuts comme d’autres le retour du Messie. En fin de match, alors que les Pelicans se battaient pour ne pas se laisser distancer par les Spurs, les premiers « We want Zion ! » (« On veut Zion ! ») sont tombés des tribunes. Probablement pas les derniers, mais pas de quoi convaincre l’entraîneur, Alvin Gentry, de déroger à son plan de limiter le temps de jeu de son poulain.

Son physique détonne, étonne et inquiète

Joueur suscitant le plus d’attentes – et par conséquent le plus scruté – depuis sans doute LeBron James, Zion Williamson a été mis sous cloche par les Pelicans, inquiets de préserver celui qui incarne l’avenir de la franchise, voire de la Ligue, si ses performances suivent. Et ils ont patienté trois mois pour lui donner le feu vert, le temps que sa déchirure du ménisque du genou droit se remette. Quitte à frustrer le jeune homme. « J’ai souvent eu envie de frapper un mur, ou d’éclater une chaise, a déclaré « Zion ». Ne pas être capable de bouger ton corps comme tu veux, ne pas pouvoir faire de sport, c’est dur. Surtout que je n’ai que 19 ans, et n’ai pas encore joué le moindre match. »

Devenu célèbre pour ses spectaculaires dunks depuis le lycée, en raison de ses qualités athlétiques, Zion Williamson a été comparé à tout ce que le basket a produit de mieux lors des trente dernières années, du pivot Shaquille O’Neal en raison de sa domination à l’ailier fort Charles Barkley en passant par LeBron James. Mais le principal intéressé a insisté pour écarter ces comparaisons. « J’essaie juste d’être moi-même. Je n’essaie pas d’être le prochain qui que ce soit. Je veux être le premier et le dernier Zion. »

Et cet « Air Zion » est pour le moins atypique. Pas grand – 1,98 m, soit une taille quelconque au pays des géants –, explosif – plus d’un mètre de détente sèche –, le natif de Salisbury, en Caroline du Nord, possède également une masse rarement vue à ce niveau. Avec 130 kg affichés sur la balance, son physique détonne, étonne, et inquiète certains observateurs, qui craignent pour ses genoux, soumis à une charge énorme, tant le joueur semble monté sur ressorts. Une crainte confirmée par sa blessure en avant-saison, quelques mois après avoir – littéralement – explosé sa chaussure en match.Lire aussi  Faut-il payer les basketteurs universitaires américains ? Zion Williamson relance la polémique

« Je vais choquer le monde »

Soucieux de préserver leur atout, les Pelicans ont profité de la convalescence du surpuissant rookie (« débutant ») pour corriger quelques défauts. Notamment pour épargner au maximum ses genoux lors de ses sauts à répétition, en travaillant sa souplesse sur les réceptions. « L’idée, c’est de ne pas atterrir avec les jambes droites, de ne pas appuyer toute ma force dessus. C’est très technique », a dévoilé le joueur. Qui s’entraînait à nouveau avec ses coéquipiers depuis quelque temps, et a récemment rassuré le public quant à ses capacités aériennes.

Loin de n’être qu’une machine à dunks, Zion Williamson a confirmé l’an passé, dans la prestigieuse université de Duke (Caroline du Nord), les espoirs placés en lui depuis son éclosion au lycée. Capable d’écraser tout sur son passage, l’épais ailier se distingue également par sa finesse, sa vitesse et sa vision du jeu, lui permettant de trouver des coéquipiers démarqués. Une combinaison potentiellement létale que la NBA attendait de découvrir sur sa grande scène. Auteur de quatre tirs à trois points (pour autant de tentés) pour ses débuts, le joueur a également démontré sa capacité à artiller de loin, arme importante dans la NBA moderne. « On voit que le gamin a bossé », s’est enthousiasmé son partenaire Jrue Holiday après la rencontre.

S’il n’a pas marché sur la Lune, les premiers pas de « Zion » (22 points et 7 rebonds, en dix-huit minutes) sont synonymes d’espoir pour les Pelicans, auteurs d’une terne entame de saison. Mais qui se verraient bien jouer les poils à gratter dorénavant, malgré la défaite finale face aux Spurs (117-1 211). « Ce que vous avez vu est un avant-goût de ce qu’il pourra faire quand il sera installé », a souligné son coach après la rencontre. Lui le répète depuis quatre ans, quand à pas encore 16 ans, il l’avait épinglé sur son compte Twitter. « Je vais choquer le monde, croyez-moi ! » Le tweet est toujours là. Et désormais Zion Williamson est un joueur NBA.

Clément Martel


Gervais TATSA
Author: Gervais TATSA

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