Pendant vingt ans, un imposteur a gravi les échelons de l’armée de Suède

Depuis 1999, un homme qui se faisait passer pour un officier a occupé de hautes fonctions dans la hiérarchie militaire, sans être démasqué.

Révélée par le journal Dagens Nyheter, l’affaire plonge les autorités suédoises dans l’embarras. Pendant vingt ans, un homme, qui n’avait même pas le permis de conduire, s’est fait passer pour un officier, parvenant à intégrer le siège de l’OTAN, sans jamais être inquiété.

Vendredi 24 janvier, le parti conservateur a demandé l’ouverture d’une enquête par le comité constitutionnel du Parlement, à l’encontre du ministre de la défense, le social-démocrate Peter Hultqvist. Son ministère avait été informé dès 2018 de l’existence de l’imposteur, mais n’avait pas réagi.

L’affaire est d’autant plus incompréhensible qu’elle se déroule en Suède, où chaque habitant dispose d’un numéro d’identification personnelle, utilisé dans tous ses contacts avec l’administration, permettant ainsi de retracer facilement son parcours. Un pays, où nombre de données – jugées privées – sont accessibles à tous, à condition de s’y intéresser.

Carrière brillante sans diplôme

Selon Dagens Nyheter, l’histoire commence en 1999. L’homme – dont l’identité n’a pas été révélée – est inscrit à l’Ecole des officiers d’Enköping, près de Stockholm. Ses enseignants découvrent qu’il a menti sur ses notes et il est renvoyé. Qu’importe, il falsifie un diplôme d’officier et débute sa carrière dans l’armée.

L’imposteur est envoyé au Kosovo, puis en Afghanistan. Il prend du galon – capitaine, puis major –, sans jamais mettre les pieds à l’Université suédoise de la défense, où il aurait dû suivre des formations complémentaires obligatoires. Personne ne s’en offusque. Pas même les services de renseignements militaires, qui l’embauchent au retour de ses missions à l’étranger.

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Honte suprême pour Stockholm : quand l’OTAN offre à la Suède, non membre de l’organisation transatlantique, de participer, en 2012, au développement du système informatique AMN (Afghanistan Mission Network), utilisé par 48 pays, c’est lui qu’on envoie à Mons, en Belgique, au quartier général du commandement suprême des forces alliées en Europe.

Participation à la Minusma

La première sonnette d’alarme ne sera tirée qu’en 2018. L’homme occupe depuis deux ans un poste de commandement chez les garde-côtes suédois, quand il postule pour un poste auprès d’une agence gouvernementale. Les contrôles de routine révèlent alors qu’il n’a pas seulement menti sur son CV, mais qu’il a falsifié ses diplômes.

L’armée, les services de renseignements et plusieurs ministères sont immédiatement alertés. Mais personne ne réagit. Résultat : à l’été 2019, le faux officier intègre le contingent suédois de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), où il est resté jusqu’en en novembre. Interrogé par Dagens Nyheter, l’homme reconnaît qu’il a menti « plusieurs fois ». Concernant ses motifs, il évoque une « exagération commise pour les mêmes raisons que les gens embellissent leur CV ».

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richard fopa
Author: richard fopa

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