Cameroun: les élections législatives annulées dans une partie des régions anglophones

Les habitants de onze circonscriptions devront retourner aux urnes dans les prochaines semaines. La décision vient du Conseil constitutionnel, et a été rendue publique hier soir.PUBLICITÉ

C’est la CRTV, la radio-télévision nationale, qui a rapporté hier soir la décision du Conseil constitutionnel. Au total, dix circonscriptions du Nord-Ouest, et une circonscription du Sud-Ouest devront organiser de nouvelles élections.

Le Conseil constitutionnel a été saisi par une dizaine de partis qui demandent l’annulation partielle ou totale du scrutin ou alors un recomptage des voix chacun pour des raisons différentes. Au total, 40 recours ont été déposés, seuls onze ont été déclarés recevables, ceux du SDF, Social Democratic Front, deuxième parti d’opposition, dont les fiefs se trouvent dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Pour l’instant, la date du nouveau scrutin dans les localités concernées n’a pas encore été rendue publique. La plus haute juridiction du pays n’a pas non plus exposé les raisons qui l’ont poussée à prendre cette décision.

Un non-évènement pour le MRC

Dans les deux régions anglophones, les séparatistes avaient appelé les habitants à ne pas se rendre aux urnes, et menacé de représailles les votants. Pour rappel ni les résultats officiels ni le taux de participation n’ont été rendus publics à ce jour. On sait que l’affluence le jour du scrutin a été faible, notamment dans ces deux régions anglophones.

Grégoire Owana, le secrétaire général adjoint du RDPC, le parti au pouvoir, s’est dit « frustré » par le jugement au micro de la CRTV, mais s’« incline devant la décision ». Akuma Acha, l’un des candidats aux élections législatives du SDF se réjouit au contraire de l’annonce. « La Cour constitutionnelle a fait justice » a-t-il déclaré. Pour le député maître Joseph Mbah Ndam, la décision du conseil confirme « que le Nord-Ouest et le Sud-Ouest sont en guerre et qu’il n’est pas possible d’y tenir une élection crédible. » Le SDF avait initialement annoncé un boycott du scrutin, avant d’y participer.

Autre réaction, celle du principal parti d’opposition, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun de Maurice Kamto, qui lui a boycotté le scrutin. C’est « un non-évènement. Le Conseil constitutionnel veut se donner bonne figure parce qu’en vérité c’est sur l’ensemble du territoire que le scrutin devrait être invalidé. »


■ Human Rights Watch contredit dans un rapport la version des faits du ministère de la Défense camerounais concernant les violences du 14 février à Ngarbuh, village en zone anglophone. Des violences qui ont causé la mort de plusieurs civils. Ilaria Allegrozzi est l’auteure du rapport de l’ONG : elle nous raconte la version des événements relayée par Human Rights Watch.

[…] D’après les témoins, une fois les tueries terminées, les militaires se seraient adressés aux habitants du village en avertissant que le village serait détruit s’ils continuaient d’abriter les séparatistes. Donc une vraie représaille.

«Le gouvernement parle d’incident malheureux, nous parlons de tueries délibérées»

richard fopa
Author: richard fopa

Vous avez peut-être manqué

EnglishFrench
ipsum dolor nec mattis elementum pulvinar elit. ipsum et,