Banane : la chute vertigineuse des exportations

En février 2020, elles ont été déficitaires de 6532 tonnes. En janvier dernier, la baisse a été de 535 tonnes.

D’après l’Association bananière du Cameroun (Assobacam), les exportations de bananes s’élèvent à 20 962 tonnes au 31 janvier 2020, contre 21497 tonnes au mois de janvier 2019. En février 2020, les expéditions de bananes ont culminé à 14965 tonnes, alors qu’à la même période l’an dernier, elles se situaient à 21497 tonnes.

Ce recul des exportations est lié à la baisse des activités survenue à la société des Plantations du Haut Penja (PHP), filiale locale de la Compagnie fruitière de Marseille. Dans le détail, PHP n’a exporté que 13847 tonnes au mois de février 2020, contre 19737 tonnes à la même période en 2019. Ce qui révèle un déficit de 5890 tonnes. Au premier mois de l’année, les exportations de PHP ont chuté de 477 tonnes, partant de 19 730 tonnes en janvier 2019 à, à peine 19 253 tonnes en janvier 2020.

Dans cet ordre d’idées, l’autre producteur de bananes encore en activité, Boh Plantations Pic a enregistré une baisse des exportations de 642 tonnes. Elles sont passées de 1760 tonnes de bananes en février 2019, à seulement 1118 tonnes au mois de février 2020. Elles ont été de 1709 tonnes en janvier 2020, contre 1767 tonnes à la même période l’année dernière.

Entre temps, depuis septembre 2018, les activités de la Cameroon Development Corporation (CDC), l’un des plus gros producteurs du Cameroun avec 16.000 tonnes par mois, sont à l’arrêt du fait de l’insécurité entretenue dans les plantations et les usines par les séparatistes qui revendiquent depuis 2016, la partition du pays.

A l’évidence, les structures économiques du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont spécialement ciblées. De fait, plusieurs aspects de cette crise sont délibérément organisés à cette fin et débouchent sur des conséquences économiques gravissimes. Au rang de ces actions malveillantes, l’on recense les « villes mortes » qui selon le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), « ont des conséquences dramatiques sur les activités économiques et les revenus des ménages. Les artisans et les commerces de détails étaient les premiers à en pâtir. Au vu du prolongement de ces opérations, le rattrapage des journées d’activité perdues est devenu impossible pour l’ensemble des acteurs économiques ».

D’après le Gicam, elles « ont commencé par les chantiers de réalisation des infrastructures publiques à travers les enlèvements des employés déployés par les entreprises et ont stoppé net leurs réalisations. Elles ont ensuite ciblé les installations des entreprises parapubliques (Pamol et CDC), paralysant systématiquement l’activité de ces mastodontes qui ont pourtant des effets structurants importants sur l’écosystème économique de leurs zones d’implantation et au-delà. Les attaques sont désormais également perpétrées de manière aveugle sur les outils de production dans tous les secteurs comme des cibles faciles. »

Aussi, la contre-performance de la CDC provient de la crise dans les régions anglophones, où l’entreprise, deuxième employeur du Cameroun après l’Etat, détient ses plantations, dans le Sud-Ouest notamment. Ses installations ont été soit vandalisées, soit fermées du fait de cette crise.

La banane est le troisième produit d’exportation du Cameroun, derrière le pétrole brut et le bois en grumes ou scié, mais devant le cacao et le coton. Le Cameroun s’est fixé l’objectif de porter la production de banane à 500.000 tonnes à l’horizon 2035.

En 2015, le Cameroun avait atteint une production record de 278.450 tonnes, détrônant la Côte d’ivoire au rang de premier producteur de banane dans la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique (Acp).

Gervais TATSA

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