Les enfants transmettent-ils moins le coronavirus que les adultes ?

Alors que le gouvernement prévoit la réouverture progressive des écoles le 11 mai, plusieurs études semblent montrer que le risque de développer des symptômes graves est plus faible chez l’enfant. Mais les données manquent au sujet de la transmission du virus.

Si les modalités n’ont pas été précisées, le principe semble acquis : les écoles françaises rouvriront progressivement leurs portes à partir du 11 mai. Mais certains parents et enseignants ont déjà exprimé leur scepticisme, voire leur inquiétude, vis-à-vis de cette décision gouvernementale. Met-on en péril la santé des enfants ?

Le risque semble faible : d’après les données disponibles, les enfants infectés présentent peu ou pas de symptôme. Et le nombre de cas graves recensés parmi les enfants de moins de 15 ans ne représente que 0,6 % du total en France entre le 16 mars et le 12 avril, selon Santé publique France.

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Reste une incertitude, et pas des moindres, puisqu’elle concerne la transmission du Covid-19. « La quantité de virus chez l’enfant n’est probablement pas si élevée que ça, moins élevée que chez l’adulte », indiquait mercredi Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique chargé de conseiller le gouvernement. Tout en reconnaissant que « l’on manque de données » sur leur capacité de transmission.

Une étude, publiée le 11 avril dans la revue américaine « Clinical Infectious Diseases » confirme toutefois cette tendance. Cette dernière s’est intéressée au cas d’un enfant de 9 ans, qui avait contracté le Covid-19 aux Contamines-Montjoie en Haute-Savoie et qui n’a transmis le virus à personne dans les trois écoles qu’il a fréquenté. « Il est possible que les enfants, parce qu’ils ne présentent pas beaucoup de symptômes et qu’ils ont une charge virale faible, transmettent peu ce nouveau coronavirus », a expliqué à l’AFP Kostas Danis, épidémiologiste à Santé Publique France et auteur principal de cette étude.

« Les enfants font partie d’un écosystème »

« Il y a également eu des études faites dans un village italien, ou à plus grande échelle en Islande, qui montrent que les enfants ne constituent pas la tranche d’âge la plus infectée », confirme aux Echos le professeur Etienne Decroly, directeur de recherche au CNRS.

Se pose toutefois un problème. « Il ne faut pas voir les enfants comme des éléments isolés, ils font partie d’un écosystème », rappelle le chercheur. « Ils côtoient leurs enseignants, et rentrent à la maison le soir. Quand on sait que 85 % des contaminations sont intrafamiliales… ».

Selon lui, rouvrir les écoles peut être « cohérent » si l’on part du principe d’une capacité de transmission plus faible. « Mais pour contenir l’épidémie, il faudra de toute façon suivre trois règles : effectuer des tests massivement, isoler les malades infectés, et maintenir les gestes barrière, avec des masques pour tout le monde ».


richard fopa
Author: richard fopa

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